Beau comme un mazagran de faïence bleu ciel,
Grumeleux comme un roc où saignent les arbouses,
Assoiffément sableux sous tes aigrettes siouses,
Tu es. Beau comme un pépin du raisin soleil.
Gai, comme à l’enfant noir l’oeil clair des flaques d’eau,
Sec, parfois, comme un cognac qui gifle le coeur,
Froid, comme l’aigrefin dans l’océan soûleur,
Tu es. Dolent comme des grands bols de vin chaud.
Salé, de torpeurs d’août en grillades pleurardes,
Tu es. Puis quand le soir bâille aux compotiers,
Sucré, comme la poix des sirops d’orangeade.
Nerveux comme un couteau qui râpe et s’horripile,
Tu es … criard à peu de crédence laquée,
Mais calme, calme, doux, tout bordé de tes cils …
