Mort aux vaches !

En ces temps de révolte, il est bon de le crier encore, et encore.

Ainsi le type dont je parle là-dedans est une belle vache aussi, un vrai salaud lâche et jaune, ou plutôt un gros con méprisable, sur lequel au fil du temps j’ai beaucoup écrit.

Je mets ce poème ici, parce qu’un jour que je trainais sur Sitaudis, pour y lire des œuvres de mes pairs, je me suis abonnée au site. Ceci fait, j’ai eu la surprise d’être contactée par Pierre le Pillouër, qui m’a demandé si j’avais des textes à lui proposer. Naturellement j’ai proposé, et à ma grande surprise encore, il en a choisi un pour le publier. Comme quoi, je me suis dit, il l’était peut-être pas si moche (mon poème, pas Pierre, lui je ne l’ai jamais rencontré :-).

Alors je me sens d’autant plus autorisée à le mettre ici (pas Pierre non plus, le poème 🙂

LE ROI REPTILIEN
(Genèse, 3, 9-15. 20)

Je souillerai ton nom
Salirai ton renom
Je détruirai ton trône
Je meurtrirai ta tête
Que j’y perde ma vie
Vipère mais au moins
Tu ne règneras plus
Sur personne ou quiconque
Étant à ses talons
Sans créer sans talent
Sans même être de bonne composition
Sauf du bout de ta queue
Par le truchement de ta sonnette
Tel le serpent que tu es au fond

Quand je t’aurai coupé les jambes
Quand les bras t’en seront tombés
Je m’attaquerai à tes reins
Tu ramperas sur le ventre
Et une fois à terre
Tes crochets venimeux mordront au cœur des pierres
Elles à qui cela ne fait rien

Car tu auras beau parleur agiter ton grelot
Sous ma baguette tu te tortilleras furieusement en vain
Chacun verra ainsi le mal que tu m’as fait
Chacune aussi saura que tu n’as pas bon fond
Chacune comprendra que tu lui fais avaler des couleuvres
Je mettrai une hostilité entre la femme et toi

Je te mettrai à nu lui montrerai que tu la trompes
Que ton sang est froid
Que ta langue fourchue prie faussement
Que l’éclat fourbe de tes petits yeux est fait de glace
Que tu ne laisses rien transpirer à dessein
Couronné des sueurs des autres sous tes écailles mates
Que tu mens comme on siffle
Et que tu dis des sornettes

Alors, pauvre pomme
Au lieu de te nourrir sur elle de ton empire
Aux baisers reçus de leur péché commis
Tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie

20 janvier 2014

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