Mata Hari
Tata
Ou elle
Ou toi
Ou qui ou moi
La tante idiote
N’importe qui
Vieille abrutie
Radasse aigrie
Si elle n’était pas morte
Tarée
Poire flétrie
Vautrée sur tous les divans de Paris
Diva pourrie
Tu te croyais espionne
Géniale
De toi-même
Digne de sondage
Soprane enrouée
Entravée dans ton génie
Tu as voulu trop en savoir
Tu t’es noyée dans tes névroses
Voulu tâter de la psychose
Vaincre tes peurs par leur conscience
Mettre le rêve en esclavage
Essayer tous les sens et toutes les autres choses
Apprendre à jouer des profondeurs en javanais
Déboulonner quelques idoles
Danser sur des langues surlignées comme sacrées
Enflammées de filtres
Pour traquer le secret de Toi
Afin d’y explorer les dedans de l’après
La puissance du verbe
La clairvoyance subliminale
Plus la connaissance abyssale
En combinaison de cinglée
En prenant des substances fortes
Bouffonne, va
Tu as servi l’ennemi
Toi-même et ton après
Ton narguilé puait
Ta morgue exaspérait
C’était fatal que tu exploses
Au peloton de tes mélanges
Que la morgue expose
Ton cadavre olivâtre
Tes fastes attrais épris
De ta propre bêtise
Sale menteuse
Tes cigarettes t’ont grillée
Les cachets ne t’ont pas guérie
Et avant que tu la dissolves
Que tu ne te saches trahie
Incarcérée par ta propre parole
Entre le poids des mots et le choix de leurs dates
Vulgaire outrage à l’avenir
Prononcé sans même comprendre
Ce qu’, au juste, tu as pu dire
Et ta parole qui crée date
Dans un performatif glissant
D’une force implacable
Le Temps est écrit
Le Doute est en route
Et saute tente ans
Entre deux vrais entre deux vins et ses deux eaux
Ô la valve envenimée oh
Le formol qui sauve et survit
Temps de l’intempérance en lieu d’intempéries
Tu mens en souvenir du reste
Tu plussoies pour dire l’inverse
C’est l’alcool qui t’a tarie
Est-ce l’alcool qui t’a tarie
Ou est-ce la force qui passe sur ce qui t’attend de tout temps
Du jour où tu l’as pu prédire
Quand tu t’échapperais d’être enfermée
Comme une chape sans son plomb
Comme à l’HP devant la porte
Close aux drogues des pâturages
Comme une chaperonne sans chapeau
Sevrée de sève et de venir
Soûlée de devoir pour vieillir
Passer autre ou n’être personne
Qu’une actrice sans voile
À condition que tu racontes
Ton histoire et sa résonance
Sur le silence de tes doigts
Qui étaient démangés de griffonner
Des mémoires traîtresses à ta race
Car ta race
Tata
Mata
Papa
Mamie
Laquelle
A ri
Quel dommage de ne l’écrire
Sans l’intituler « Ton Combat »
Sans reductio ad humanum
Tu y as tout de même eu du mérite
Je le salue
Tu les as portés de si haut
Sans masque ou casque ou corde mais avec
Ton tact pour les faire atterrir
Dans leur réel insoutenable
Ton trac pour changer
Le crac de tes os
Pour mieux souffrir de les casser sans les maudire
Les flaques de tes efforts
Rabroués, battus, rabaissés, harcelés,
À ne cesser de vouloir t’abattre
Pour mieux battre ton don
Noyé dans des fils attachés
Emmêlés tels des algues vagues
Ventouses jusqu’au creux chétifs
Mais serrés au point qu’ils s’inscrivent
Au fond de tes chairs asservies
Du fond de tes mères obscènes
De tes pères à interner
Dans le noir intégral
Dans le vide absolu
Laissé vacant dans une pièce
Chez des muraines somnambules
Pleines de grâces
Amènes
Ô marraine sors et survis
Sois bénie contre tout espoir
D’un coup de pied au fond liquéfié du gouffre oh reviens auprès du bord
Reprendre souffle avant que les paix éternelles
T’entraîne tranquille à te taire
Pendant des messes molles
Fais ce que tu dois
Relis-toi
Relie-les
Ô, relie
Sans te liquéfier
Soit eux soit toi ne choisis plus
À présent que tu peux
Parler de ces merveilles
Prends forme et éclabousse
Prends part raconte et veille
Reste vigile et veuille
Te débattre pour débâtir
Enfin tout ton château de folle
Ainsi soit-il ainsi sois-toi ainsi soient-elles
Et à la tienne