Métonymie

d’avoir changé les arbres en forêts

merci

les taches en visages

roses en roses

merci

pour l’eau en vin

en échange

prends toi

qui voulais lire de la poésie

je te parle d’amour

j’ai serti la monture

j’ai mis de l’or autour

non pour que tu te moques

ta monture ménage-la voyage loin

ton diamant ton destin

avance

c’est toi qui suis

et moi qui souffre

atrocement

de te l’écrire en sorte que par moi

(c’est peu mais c’est assez

la lutte est inégale)

pour toi qu’une bénédiction suffise

contre et avec le seul pouvoir d’amour rendu

c’est prétentieux je le prétends

ce sera bien ce sera beau

car que je t’aime transfiguré

car c’est tellement subjectif

bravo merci

pour des années

enfin tiens te voici (solo)

tout seul

si seul

heureux si seul ?

tu es l’évangile et la clef

l’aigle sur le calice

le coq du reniement

trois fois qui chante

(tais-toi !

dit la fermière

toute dormant

toute toussant

tous les matins

se tenant la poitrine à deux mains

tais-toi

ou j’vas en crever !)

volatile

laisse-moi

ainsi que monte chaque soir

au dieu divin

la chanson d’une belle bacchante :

« j’ai bu de l’eau j’étais à jeun

je suis ivre j’ai bu du vin

je te le dis je le redis

me tenant la poitrine à deux mains

je suis vivante

et j’en mourrai

car par ma foi

je ne suis pas une femme inhumaine »

ma poule

volubile

laisse-toi

c’est pareil (tutti)

yes thank you life is surexcitante

mais courte aussi

tu le sais bien

Horace l’a dit

je l’ai traduit

l’adieu aux avènements possibles

cueille le jour

et ne te fie le moins du monde au lendemain

vite modestement voilà ta poésie

non je n’en ferai rien

en vendre

volontiers

en vivre

non merci

si seul sais-tu

qui chante qui pense

qui parle ?

désespérant ça na fait rien

caltez volaille

cot cot adieu merci

pour les paroles

merci

pour la musique

merci

pour les idées merci

pour l’eau en vin

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