Avec du verre rosifiant
J’ai pris l’apéritif
Seule
Seul
Depuis ton grenier en chantant
Avec du verre rosifiant
J’ai pris l’apéritif
Seule
Seul
Depuis ton grenier en chantant
écrivaine
un flacon d’encre violette
un escargot fossilisé recroquevillé dans sa coquille
une étagère un vase en verre
un homoncule en terre
une nappe de pierre
des bouquins
je voudrais
faire les pieds au papier peint
arracher les murs à la main
ou un bouquet de roses blanches
mourir moins
écrire plus
boire un ballon
de vin
je devrais
mais
je devins
devin
à force de venir
soi-disant
de revenir
de verdir d’une âme chafouine
de chagrin
qu’aucun n’ait chez lui
un flacon d’encre violette
sauf…
je suis déchirée
et humble
oui je crois
maintenant je crois
je pardoutais
mon chef
mon cher cher chef
à vous j’obéis
pitite pitite
je me fais
audacioso
tout puissamment pardon
reste
besognement de vous
lamentissimo
je m’enquiers et hoche
pauvre orque
pauvre chienne
pauvre chatte
pauvre chevalle
je pars allongée
les adieux sont si courts
si décevants renommez-moi
et les si slaves enfoncées
ne me forcez pas
je vais venir
la terre est si basse
et si lourde
J’ai muselé mes Rats
quod and tu und tenerant ti
arraché leurs vingt ailes à mes dix Mouches
quod and tu und tenerant ti
pour en faire des Doryphores
embrassé sur le front le Taureau de ma bêtise
sacré craché juré des Vers
désengorgé envenimé ma Veuve en bon disant
quod and tu und tenerant ti
l’Euphémisme à châtrer la Bête
Aux Animaux ! Aux Animaux !
quod and tu und tenerant ti
j’ai flagellé des poupées nues
la viduité des Cocons
a fait ululer mes Harfangs
bon sang
quod and tu und tenerant ti
que je déteste ces Oiseaux
j’ai arraché leurs Serres noueuses aux poings
quod and tu und tenerant ti
j’ai griffé mes paupières rouges
crevé des Chats de magie noire
j’ai inventé l’incantation aux feux
j’ai projeté le maléfice et j’ai trouvé
quod and tu und tenerant ti
la Phrase
j’ai donné les Mouches à la Veuve
les Vers aux Harfangs
les Harfangs aux Chats
la Veuve au Taureau
Massacre ! Massacre !
quod and tu und tenerant ti
Aux Animaux ! Aux Animaux !
J’ai mu-se-lé mes RATS
J’ai passé des heures et des heures assise
la tête dans mes mains
à renifler celle que tu avais serrée
j’ai humé toute ta vie au creux de ma main
Je suis restée à respirer mes paumes
à sentir dans ton parfum
Au nom de ces sanglots impossibles à dire
des miracles enfouis que l’on ne ressent pas
J’ai regardé mes mains
Et quand j’ai cru mourir d’être inspirée
j’ai refermé mon poing par-dessus ton visage
une sacrée pétasse de poétesse
voulant donner des ardeurs
à un petit pot de lait froid
échoua
ce n’est pas si simple
elle prenait ses grands airs fatigués
tout le monde la regardait
se la péter
le soleil s’est couché sans qu’elle en use
à l’orée du métro le grand méchant loup
a crié « gaffe !
à force de ne pas parler de moi
tu ne pourras plus me reconnaître
et tu boiras du lait d’ânesse
demi-écrémé »
elle l’a ignoré a baissé les yeux
elle aurait voulu lui tirer la langue
mais celle-ci était chargée et par pudeur
elle s’abstint
grave erreur
fatale confusion
catastrophe
vrai bain de vinaigre
avec son pot d’étain rond
et puis ses airs
du rififi chez les prémonitions
du lait froid pour un loup chaud
mais qu’avait-elle dans le crâne ?
un lapin ?
la pauvre
ah pauvre petite poétesse
moralité :
poétesse sacrée pétasse
tu n’aurais pas dû tant t’entêter
un chêne sous un pin
un chinois sur le papier
hier vous de face moi de dos
si belle sur mon dessin
un chamelier qui rit en conduisant son bestiau
qui s’écoute parler
âpre
dans les déserts d’Arabie Saoudite
un marchand de tapis persuasif
Oh, je te vois, toi !
tu as un verre de Mumm dans la main gauche
de la droite tu baises des mais gantées
de bagouzes
tu badigoinces des balivernes
à des dames
tu susurres des gentillesses
aux matrones
badin ! si tu crois que je suis bête
tu te trompes
si tu penses que je suis jalouse
c’est idiot
tu le sais
mais tu t’acharnes avec tant de componction belle
toi aussi tu voudrais bien que je te dise
mon amour
j’ai assez de métier pour te faire peur et pleurer toutes les larmes de ton corps
le premier jour où j’ai vu ton visage j’ai ri
de bon cœur
c’est si rare
de voir quelqu’un de si contraire à lui-même
et qui fait
exactement l’inverse de ce qu’il faut
et me plaire
la main gauche ignore ce que fait la main droite
la droite écrit
la gauche pend
elle est morte et fait suer sous le bras gauche
je suis nue
profites-en pendant que je pense à toi encore
bientôt moi
moi je vais t’oublier et toi tu regretteras de te souvenir
ce serait
si triste et si amusant
tu m’as désarmée pour le moment pourquoi ne pas me sabrer
le champagne
tu m’allonges
je m’écoute parler et tu rames tu te tais
tu es là
et c’est suffisant pour que tous deux croisions frénétiques les jambes
c’est foutu
et ma fantaisie montée retombe morne avec un bruit de pétard mouillé
et se termine en cul
de bouteille
je suis verte
j’y ai cru j’ai trop bu quelle idiote je t’ai vu là où tu n’étais pas
avec des participants à
des partouzes
si je dis que tu serres des doigts de matrones
à perlouzes
mettons que c’est de l’humour et de l’humour au moins
tu en as
j’en suis sûre
avec un verre doré dans la main droite
tu pincerais quand même des tas de fesses
de la gauche
il n’empêche que rien ne t’empêche de susurrer des gentillesses à des dames
et de baiser des mains doigtées
de bagouzes
Oh, je te vois, toi !
C’est si beau chez vous
Que de guerre lasse
J’y renonce
Tout alors sera fini entre nous
Encore qu’à force
D’avoir tenté d’y rentrer
Par force j’y repense.
Vous avez meublé
Votre cœur d’intelligence
Votre âme de cœur
Votre panse de rire
C’est profond.
Pensez-y continuez
Pour moi c’est trop j’y renonce.
Outre, que je suis pleine de vide
Et ai la peau plus grande que les yeux
Pardonnez mes offenses
Et ma peau de vin danse
A l’envi de mes yeux
Je suis d’une indécence
Outre, mon ignorance
Me met à merci des rinceurs
Des buveurs
Et autres âmes perfides
Je viens du haut de la montagne
Où l’air est pur
Ainsi que les phalanges bleues
Outre, cette innocence
Je la regrette un petit peu
Je suis venue dans la vallée
De larmes et crime alléchant
Vidée par un mage méchant
Où je gis là d’une obscure nostalgie de plénitude
Outre, il me tarde
De retrouver mon lendemain