Βῆτα
C’est toi le Bête
Qui étais celui-là
Piqué par l’odeur alentour
De pluie sans eau pour le pastis
Pour boire une essence d’alcool
Dans l’ivresse intense où les menthes rient
Fleurissent à deux l’une à l’autre
Et pleure du cristal d’anis
Au plaisir de leurs mots de crânes
Des lendemains qui s’usent vite
Comme les siens
Sur ses rivages sans murmure
Et ses paysages sans vue
L’organisation du silence
À l’au-delà de l’au revoir
Il était ça
Marié en guise de remède
Pour rester un roi sans rival
Écraser les autres planètes
À l’aide du soleil vainqueur
Invincible et non observable
À un œil de nuit taciturne
Être un Jupiter concubin
Tout obsédé d’obscénités
Ô ironie des sorts unis
Par alliances assassines
Ô préméditation du crime
Pour rabaisser tout ce qu’on touche
Réduire tout ce que l’on tire
Demeurer à la même couche
En regrettant d’être resté
Vider ailleurs son sac à foudre
Et s’en enfuir en un éclair
En maudissant d’être assailli
Par le désir inassouvi
D’avoir un corps un sexe doués
D’ubiquité
En général
Paré taillé de beaux atours
Face à celles et ceux qui aiment
Qui ont des peines et les prouvent
Se croire un prince sans péché
Parfait dans sa propre voilure
Très satisfait de son allure
Sans nuage, sans vent, luxure
Honnie de l’impropriété
Dégager des chaleurs astrales
Dans les miroirs de mâles flammes
Pour tous les yeux braqués sur soi
Dans le miroir de leurs intrigues
Au regard de ces belles dames
Parfait, satisfait, satisfait
Avec une audace finie
Comme beaucoup
Vider un fond de khôl qu’entoure
Avec force un casque de hargne
Qui commande une grande flotte
De son équipée de vengeance
Bercée sur des flots ravageurs
Maquillée en bonté suprême
Traits de retouches et de brume
À la santé de l’Éternel
Γάμμα
C’était lui et c’est toi
La géhenne et la Gamme
Le gemme et le bijou
Le cancer et la croix
Qu’on doit porter sur son épaule
D’un geste sans gémir
Désormais sans retour
Sans retouche surnuméraire
Je te parle de lui ton ancien toi
Toi l’ayant été celui-ci
De la personne troisième
Impersonnel pour la parole
Complètement superficiel
À une opinion globale
Tu étais lui
Masqué de ses cils à rebours
Pour humidifier les pupilles
Pour anesthésier les papilles
Épuiser les végétations
Dont l’ablation par chirurgie
N’a pas été bien opérée
Lui qui changeait sa médecine en art
Et pour sa propre guérison
À grands coups d’auto-suggestion
Voire d’auto-hypnose à force
Développer les négatifs
Positivement s’il le faut
Aux clichés des flasques rétines
Fardeaux des yeux qui n’y croient mèche
N’y voient que les larmes de cires
Des chandelles préméditées
Pour des repas d’ogres funestes
