Quittez-moi je vous adjuge des présages d’orfraie

Il y aura des chiens sur votre route

Je vous préviens

J’insiste et je déconseille

Vous n’irez pas dans la rue déchaînée

Restez voyons aucune vie grouillante ne vous va

J’invoquerai les pigeons

Et parmi les oiseaux tous ceux qui annoncent la pluie

Vous avez tort de sourire

Parions que les égouts débordent

Abreuvé d’emblée aux tohu-bohu

Pour vous imbuvables

Vous rebrousseriez chemin

Vous ne marchez dignement que trois pas

Et les vents ? avez-vous pensé aux vents ? je les convoque

Vous seriez hirsute, mordu, taché

Restez et ne partez pas

Car vos calmes sont beaux, voyageur.

 

Voyez combien je suis sage

Je me passe de vous

Je ne vous passe rien

Je veux vous aider

Les risques

Hors de moi

Il est dangereux de se pencher

Je vous vois dehors

L’honneur fâché aux yeux des femmes

Votre veste s’évapore

Envisagez votre déshabillage

Vos pantalons qui s’effacent

Vous avez juré que votre corps m’assassine

Vous supporteriez d’assister

Au balayage de cils d’insolence

Mais je suis bien tranquille

Vous n’oserez pas

Que leur obscénité vous grise ou vous tiraille

Vous vous demanderez si vous rêvez

Sur le trottoir cette fois

Ce ne sont pas vos enfants qui vous sauvent.

 

Quittez-moi je vous assure

Vous avez de la chance

Si vos oreilles ne sifflent pas

Je vous barre la route

Il en va de mon devoir

N’allez nulle part je vous arrête je vous empêche pas plus loin

C’est mon pouvoir j’en use je vous garde

 

Le jeu a assez duré

Vous regretterez vos demeures

Vous vous mépriserez d’errer aux regards

Livré dévoré par des voleuses

Vous voudrez mourir, mincir, mourir mangé

Il vaudra mieux vous pendre ne partez pas

Vous vous trompez je vous protège je vous prédis d’étonnants destins

Je peux porter votre nom aux nues

Dans la majeure partie du monde

 

Épousez mes vues

Mariez-vous à mes paysages

J’ai peur pour vous ne partez pas

Et ne me parlez pas de pâlir d’audace

Je ne doute de rien

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