Je prends des gants pour écrire
Je te compose, poème, en mitaines
En hommage à vous
La puissante des mythes
Les cyclones des mites
Du bois ou de la laine
Aux ailes de soie
Plus rongeuses que la haine
Qu’elle soit
Amère ou amène
Je prends des gants pour écrire
Je te compose, poème, en mitaines
En hommage à vous
La puissante des mythes
Les cyclones des mites
Du bois ou de la laine
Aux ailes de soie
Plus rongeuses que la haine
Qu’elle soit
Amère ou amène
Avec ma joie de vivre
Mon immense, mémorable. indémodable joie de vivre
Les confins d’un bébé qui voulut, obstinée,
Lire au plus haut des cieux, et aux plus bas des têtes
Au plus profond des cœurs
Pour les tous guérir si ce peut
Comme une lueur aux fond des noirs couffins du temps d’un nourrisson
Où
La mort est déjà inscrite
Mais
Le Soleil invaincu
Saturnal et
Nonchalant
Éclaire désormais chaque jour d’un plus long
Niveau
Quotient
De la Conscience
mathématiques
Le plus pur des langages humains
Et de la
plus haute Philosophie
Au delà
Comme nous sommes
Nous succession
de zéros et de uns
C’est nous, uniques et nuls
Un par un naissant puis disparaissant
Pour laisser
la place
à d’autres
Qui à leur tour seront anéantis
Pour aller où
Nul ne le sait
Ni comme on dit
N’est revenu pour nous le dire
Mais
Je le crains
Ah
Je le crois
Rien ne se perd
De ces touts de ces riens
Tels que nous sommes tou•te•s
Rien ne se créée
Tout se transforme
Je le sens, je les sens, je les vois
Je l’entends
À travers leurs yeux dans leur âme
Dans leur ensemble et leur essence
Le voisin, le prochain,
la voisine et Lavoisisier
Et d’autres gens particuliers
Mais tous semblables
À un 1 près
C’est qu’un par un
Pour faire Nombre
Qui de Conscience
Se révèlera Verbe
Musique ou trigonométrie
Après
Avant
Nul ne sait
Où ni quand
Nulle part et jamais d’ailleurs
Nous nous retrouverons ensemble
Dans d’autres lieux
Ou d’autres temps
En pleine mort vive
Pleins de Conscience
Amène
Horace, Odes, 4,11,8
« Cueille le jour, et ne te fie le moins du monde au lendemain. »
Telle est ma traduction
La mienne, la seule, l’unique, la meilleure
Je la revendique aujourd’hui
Je la fais breveter ici
Si au niveau de la syntaxe
Il y a presque un solécisme
Celui-ci contient, du moins,
L’alexandrin ternaire romantique
Comme mon cœur,
qui à énormément d’extrasystoles
Bien la bise chez vous, bande de beaux barbares !
Je dormais si bien
Quand ce contrôleur est venu me voir
Et qu’il m’a demandé
Si j’avais mon billet pour dormir
J’ai dit que j’ignorais qu’il fallût un billet
Mais il m’a dit mais si
On doit toujours avoir son billet pour dormir
Oui Monsieur, oui Madame
Qu’il fallait régler son sommeil
Que non, sans titre, pas de voyage imaginaire
Alors j’ai cessé de rêver
J’ai quitté mon train de sommeil
En le maudissant au réveil
Que l’on ne m’ait jamais su dire
Toute la vérité des rêves
Ce qui est éternel
n’est pas définitif
cependant
Ainsi
en tous les cas
le mystère reste intéressant
Ce soir, on fait une belote.
Et je m’aperçois que jusqu’à présent je n’ai joué à la belote qu’à l’hôpital psychiatrique.
Ce qui fait que, d’une fois sur l’autre, j’oublie.
Mais je pense que ça va me revenir vite.
C’était une entente malsaine à propos d’un vent nouveau
Qui se serait abattu sur le progrès –
Le progrès des âmes, s’entend, et des esprits allant avec
Mais ce ne fut pas bref : on avait vu venir
La veille et l’avant-veille, déjà,
Ce malheur
Seulement les corbeaux demeurés croupissant aux sommets des finances
Guettaient leurs actionnaires avides de se repaitre du sang des travailleurs
Que pour faire œuvrer sans cesse et sans penser à leurs services ils avaient dû abrutir bien fort
Oh, ce fut fait de mains de maître, certes,
Mais avec la complaisance niaiseuse de leurs futurs esclaves
Trop fatigués pour fuir la paresse abrutissante du football et des tiktok lives
Dans la vie vraie
Serpens sonnans
Qu’elles sont laides,
ta langue
et tes frisettes blanches dans le cou et vers l’aine
Verba volant
tu n’écrivis rien, jamais
ni n’inscrivis nul souvenir,
ni dans l’âme, ni dans l’esprit d’un chacun
Les écrits prescrits pour durer sont les miens
Quant à ta question
En me remerciant
Pour que je décrive
L’effet d’avance
De ta négation double :
Il n’en reste qu’un vestige
Un narratif vague
De rien
Le silence d’août doute :
C’est le prix du feu. Campe,
Ô bûcheron invétéré et sans loisir
Que de trancher avec ta hache dans des troncs déjà secoués !
Ô l’inventeur, l’artiste et le séducteur,
Où es-tu passé ?
Quel est ce bourgeois que tu portes
En toi et qui te clôt la bouche
Et te courbe les ailes ?
Nourris-toi comme il faut
Chante comme il se doit
Mes vers élaborés pour ton luth, pour ton rut, tes mélodies énamourées
et tes impromptus de non-sens
sur des claviers de voyage.
Note, note, etcétéra !
Écris la joie
Et change de langage
Préfère celui des oiseaux
Aux grincements couinés des oies
Blanches que tu fais trop durer
Noires que tu évites
Croches qui boitillent à tes côtés
Et toi double
Un, deux, et trois
Et puis enfin plus rien,
si,
peut-être un soupir
qui reste en suspens à la fin
mais qui éteint ta flamme
d’un souffle de silence éternel
mais qui étouffe ta force
qui s’en voit réduite
aux refrains d’autres voix que la tienne
Ô morne chaleur
Transcendantale assiduité
Toute ton attention
portée aux portées
Sans aucune question
Sur toi-même
Que de prétendre déchiffrer
Mieux que les autres
alors que tu t’es déjà
presque rendu, transi, glacé, penché aux bords de ton néant
Quel mauvais choix
Menteur
Menteur muet
C’est bien ta pire gêne
de ne savoir pourquoi
alors que tu es transporté
quel est cet art qui te fait taire
et t’interdit de répliquer
Tu le sauras
Quand ta conscience aura cessé
d’aimer ta musique mutique
Et ta paresse examiné
En attendant que tu le fasses
Que tu le chantes
Courant septembre
Avec le cœur au bout des lèvres
Innocent comme à ton baptême
Et honnête en ta conscience
Car c’est le prix pour être aimé
Requiescas
In
Pace
Qui est-ce ?
Un sultan insultant
Un chat
d’errant
Un gros problème
Que sa grossière paresse
Que la
Nerveuse grossesse de son œuvre
Que le
Gros noeud coulant
de sa vieillesse
Qui vient l’enliser à grands pas de silence
Oui
Permettez-moi de souligner
La lâcheté de sa conduite
Tous ses crimes désaccordés
Pour son unique bénéfice
Tout son égoïsme foncier
Avec
par-dessus tout cela
L’absurdité de sa
Raison
égotique
et immodeste
qui refuse de payer
sa part d’appartenance
au reste de la gent
humaine
par pur narcissisme
ainsi que celle
sans fond, sans fond
de sa
Maison
qu’il a
construite sur le
sable
d’une cave
issue du grenier
d’une grange voisine
avec des chambres
remplies de souches
dont il ne voulait pas
mais où il reste
habiter
tout de même
pour la montre
et le reste du temps
Ah si si
C’est ignoble
c’est immonde
autant que vous voudrez
mais c’est ainsi
Tel est son vice
Pourtant il a
toute la morale
toutes les religions
du monde
à son service
Moralité ?
Il va très bien
Il n’en a pas
Il n’y a rien
Il n’a plus rien
Et il n’a que moi
d’incurable
c’est incroyable
pour devenir quelqu’un
Curieuse justice
Non ?
Sssssssss…